lundi 23 février 2009

Pnyx, berceau de la démocratie

Athènes, Ve siècle avant JC. Plusieurs milliers de personnes sont regroupées sur la colline du Pnyx, surplombant l'Agora, à quelques centaines de mètres de l'Acropole. Chacun suit attentivement le discours de l'orateur malgré la chaleur étouffante. Tout le monde a son opinion sur le sujet débattu et s'apprête à voter en citoyen responsable. Quelques uns osent prendre la parole face à l'imposante assemblée. Les plus engagés vont jusqu'à soumettre eux-mêmes des textes au vote. Mais aucun n'a vraiment conscience de ce qui est en train de se jouer. Personne ne réalise qu'il est en train de participer à la construction d'un des piliers de l'histoire de l'humanité, d'assister à la naissance d'un concept, qui, depuis 2500 ans de cette colline de Pnyx, fait l'objet d'un combat sans cesse renouvelé pour sa continuité et son évolution : la Démocratie.

On estime qu'environ 6000 personnes composant l'Ecclésia participaient toutes les deux semaines au vote à main levée des lois, du budget, à la désignation des membres de la Boulè, de l’Héliée et des magistrats de la Cité (Etat) d'Athènes. Tout citoyen pouvait y participer s'il était 'adulte, non frappé d'atimie, né de père et de mère athéniens'. Ils s'asseyaient sans doute par terre et il semble que chacun choisissait librement sa place, sur une plate forme d'environ 2 500 mètres carrés, face à la tribune en pierre des orateurs. Sur la tribune se tiennent les prytanes, qui jusqu'en 378-77 convoquent et président l'Ecclésia. Le bureau est composé de l'Épistate des Prytanes (= président), du héraut, et d'un secrétaire. L'ordre est maintenu par les archers scythes.

S'il y a discussion sur un texte soumis aux votes, le héraut prononce la formule "Qui demande la parole ?". L'orateur, couronné de myrte, est alors inviolable. Il se place alors sur la Béma, plate-forme en roche surélevée, et peut ainsi parler en étant entendu et vu de tous. Le droit d'isègoria (de discuter, proposer, amender) est absolu, tout un chacun peut y participer, le peuple est souverain. En contrepartie de cette liberté, l'orateur est pénalement responsable de ses paroles et s'expose à des peines très lourdes. La graphè paranomôn peut sanctionner celui qui ferait une proposition contraire aux lois (dans les 6 mois ou l'année suivant la proposition), ou la loi elle-même (sans limite de temps).

Bien qu'en en pratique, les paysans n'osent souvent pas publiquement s'exprimer et ce sont quelques centaines d'Athéniens cultivés qui montent à la tribune, cette forme d'organisation politique qu'inventa la cité d'Athènes, la 'démocratie' - union de 'dêmos' et 'cratos' signifiant peuple et pouvoir, soit le pouvoir exercé par le peuple -, constitue un exceptionnel modèle de constitution assurant plus ou moins largement l'accès des citoyens à l'exercice des droits politiques, et leur participation à la vie publique.

Liens :
Wikipedia - Pnyx
Wikipedia - Athènes antique
Memo.fr - Grèce antique
Pagesperso range - Philo Lettres - La justice athénienne
Recitus - banque d'image en univers social - Pnyx